Blog Gardien du souvenir
23. mai 2026

QUAND LES PLANETES S'ALIGNENT

Il y a des silences qui devraient nous inquiéter.

Celui des enfants, hyperconnectés, parfois coupés du réel.
Celui des personnes âgées, isolées avec des trésors de vie qui disparaissent peu à peu dans l’oubli. Et celui, plus discret encore, d’une mémoire collective qui s’efface sans bruit.

Car un village ne se résume pas à des rues, des commerces ou des bâtiments.
Un territoire, ce sont des histoires. Des savoir-faire. Des visages. Des traditions. Des récits transmis au détour d’une table de cuisine, d’un atelier, d’un marché ou d’une fête de village. Et pourtant, aujourd’hui, ces mondes se croisent sans vraiment se rencontrer.

D’un côté, des anciens qui savent. De l’autre, des jeunes qui cherchent du sens.
Entre les deux, des familles, des associations, des écoles, des commerçants, des mairies… tous animés par la même envie : recréer du lien humain.

C’est de ce constat qu’est né Gardien du Souvenir.

Une initiative simple, mais profondément humaine : remettre les générations autour de la même table pour transmettre ce qui ne devrait jamais disparaître. Le principe est clair : créer des rencontres, recueillir les souvenirs, valoriser les parcours de vie, transmettre les gestes, les anecdotes, les traditions locales. Et surtout, faire des habitants eux-mêmes les passeurs de mémoire de leur village.

Les jeunes participent à la collecte, à la vidéo, à l’audio, à la rédaction, aux réseaux sociaux. Les seniors transmettent ce qu’aucune intelligence artificielle ne pourra jamais recréer : l’expérience vécue. Peu à peu, les souvenirs sortent des tiroirs pour redevenir vivants. Ils deviennent des vidéos, des podcasts, des articles, des gazettes locales, des expositions, des événements intergénérationnels. Ils recréent du lien là où l’isolement avait commencé à s’installer. Et les effets sont concrets.

Moins de solitude pour les anciens.
Moins d’hyperconnexion passive pour les jeunes.
Plus de reconnaissance. Plus de transmission. Plus d’humanité.

Mais ce projet a surtout commencé par une intuition du cœur.

Depuis longtemps, j’avais en tête le village de Duingt. Lorsque je suis allée rencontrer Carine FRANCOIS (directrice de l'école) pour lui parler de cette idée, le projet n’était absolument pas prévu pour cette année. Dans mon esprit, tout cela devait voir le jour en 2027.

Et puis, les planètes se sont alignées.

Le projet correspondait parfaitement au calendrier pédagogique des élèves cette année. Alors, sans trop réfléchir, nous nous sommes lancé un défi toutes les deux. Nous savions que nous allions essuyer les plâtres, apprendre en avançant, improviser parfois…Mais très vite, la joie a pris le dessus.

Parce qu’au fond, un village vivant n’est pas seulement un endroit où l’on habite.
C’est un endroit où l’on se connaît, où l’on se transmet, et où l’on continue d’écrire ensemble une mémoire commune.

LA RENCONTRE EN VIDEO AVEC CARINE ET LES JOURNALISTES À L'ÉCOLE DE DUINGT ICI

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